L’Enfant Roi

Spectacle vivant
Captation du spectacle et teasers

L’enfant Roi

De Clémence Barbier

Mise en scène : Clémence Barbier, Victor Gauthier Martin

Avec : Alban Aumard, Clémence Barbier, Jehanne Carillon

C’est au cours d’un travail d’atelier avec les enfants d’une école élémentaire qu’est né mon désir de m’attaquer au mythe d’Œdipe. Un an passé à travailler avec eux autour d’improvisations et de textes originaux, (y compris le chœur final d’Oedipe roi de Sophocle) a confirmé l’intuition que j’avais. Les enfants s’étaient passionnés pour cette histoire qui les fascinait complètement. Et non seulement la forme que j’avais inventée pour eux, un va-et-vient permanent entre la narration et des scènes dialoguées, fonctionnait, mais elle les faisait jubiler.
De là est née l’idée de fabriquer pour eux un spectacle sur mesure, un Œdipe musical et moderne : L’enfant Roi.
Clémence Barbier
Octobre 2013

L’aventure d’Œdipe est l’histoire la plus célèbre et surtout la plus improbable qui soit. Un garçon qui tue son père et qui épouse sa mère.
Qui pourrait y croire ? Pourquoi voudrions-nous en faire le récit à des enfants ?

Raconter Œdipe, c’est poser une énigme, dominée avant tout par le plaisir de l’imagination pure, fantasque, c’est repousser à l’infini, la frontière entre l’ordinaire et l’extraordinaire.

L’enfant roi n’est pas un conte moral, noir et désespéré. Nous avons dépassé la culpabilité induite par Freud. C’est un long poème coloré, un chant, un péplum.

« C’est dans l’écroulement général de la question « qu’est-ce que ça veut dire ? » que le désir fait son entrée. »
Gilles Deleuze. Felix Guatari. L’Anti-Oedipe : capitalisme et schizophrénie. 1972. Ed. Minuit.

Le sujet de la pièce, c’est le désir ; la naissance du désir chez le petit enfant, le corps qui désire, le désir de l’autre, le désir de parcourir le monde, le désir sexuel.

Comment parler aux enfants du grand tabou qu’est la sexualité ? Avec humour évidemment, mais nous voudrions également tenter la piste du sensible : le corps d’Œdipe tremble, transpire, souffre et se transforme à son insu. Il rit aussi quand on le chatouille.

Ceux que l’on appelle ses « parents » ont engendré ce corps. Ils l’ont nourri, soigné et protégé et ainsi ont créé un lien d’une force inouïe, un lien charnel, ce lien charnel qui unit une mère à son bébé.

Grandir c’est couper ce lien.

Grandir c’est se séparer, avoir le courage de partir, partir à la rencontre de l’Autre et de son corps à lui, de celui qui ne me ressemble pas : l’étranger. C’est aussi prendre le risque de l’aventure, se trouver face à des monstres, et les vaincre. C’est cela l’aventure de L’enfant Roi.

Et puis Œdipe devient un père lui aussi, aimé plus que tout, mais détesté aussi ; un père qui doute et qui, à son tour, fait des erreurs.

« Dans ce récit, comment ne pas voir que l’énigme proposée par la Sphinge disait le destin des Labdacides ? Tous les animaux, qu’ils aient deux pieds ou quatre pieds, bipèdes ou quadrupèdes, sans parler des poissons qui n’ont pas de pieds, tous ont une « nature » qui reste toujours la même. (…) Tandis que l’homme connaît trois stades successifs, trois natures différentes. Il est d ?abord un enfant, et la nature de l’enfant est différente de celle de l’homme fait. Aussi faut-il pour passer de l’enfance à l’état adulte, subir des rituels d’initiation qui font franchir les frontières séparant les deux âges. On devient autre que soi, on entre dans un nouveau personnage dès lors que, d’enfant, on se retrouve adulte. »
Jean-Pierre Vernant. L’univers, les dieux, les hommes.

Clémence Barbier, Victor Gauthier Martin

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